Domenico Gnoli
Domenico Gnoli naît en 1933 à Rome, dans une famille imprégnée de culture : son père est historien d’art et directeur des Beaux-Arts de Pérouse, et sa mère peintre et céramiste. Son orientation vers l’art est naturelle : « Je suis né en sachant que je serais peintre car mon père, critique d’art, m’a toujours présenté la peinture comme la seule chose acceptable ». Il étudie à l’Académie des Beaux-Arts à Rome et à la Slade School of Fine Art. Au début de sa carrière, il travaille dans les domaines de l’illustration, du théâtre, et peint de manière assez marginale.
Dès le début des années 1950, il commence à se faire connaître comme illustrateur et scénographe. Il est remarqué pour ses productions théâtrales, notamment les décors de As you like pour l’Old Vic de Londres en 1955, mais aussi pour ses illustrations dans des magazines de renom à New York, comme Vogue, Time, Harper’s Bazaar, The New Yorker, ou encore Fortune, Life, et Horizon. Il reçoit en 1968 une médaille d’or de la Society of Illustrators de New York.
D’abord centré sur le dessin, son travail se tourne ensuite davantage vers la peinture. En 1963, il fait des expérimentations formelles qui conditionneront son travail de 1964 à sa mort prématurée en 1970, qui l’imposeront dans le paysage artistique. Il se détourne de la peinture à la tempera, qu’il utilise jusqu’à la fin de 1963, pour peindre exclusivement à l’acrylique, et propose un regard nouveau sur le monde. Ses compositions mettent en lumière des choses inertes ou des détails du monde réel, grâce à l’utilisation de gros plans.
Il expose en 1964 à la documenta III de Kassel, ce qui marque un tournant dans sa carrière, même s’il était déjà internationalement connu grâce à des expositions à New York, Londres et Paris. Il collabore avec des galeristes de premier plan comme Alexandre Iolas ou Sydney Janis. Il est un artiste « entre les mondes », entre l’Europe et l’Amérique, entre le Surréalisme et le Pop Art, entre l’illustration et la peinture.
L’année 1963 est une année charnière dans la mesure où sa technique et les sujets de ses compositions évoluent sensiblement. Au début de l’année 1963, il réside à Paris, puis séjourne à Deià, à Majorque à partir du mois d’avril. Il s’étonne lui-même dans une lettre à sa mère du tournant artistique qu’il prend à ce moment : « Cette période en Espagne a peut-être été la plus heureuse et la plus productive de ma vie d’adulte. », rapporte-t-il, alors qu’il a réalisé vingt peintures en un mois et demi.
Il s’étonne que les personnes soient toujours vues de profil ou de face dans la peinture, et jamais de dos, alors que les choses elles sont représentées sous toutes leurs facettes. Il adopte alors d’autres points de vue : des vues de dos, des vues rapprochées, des vues du dessus. Ses œuvres de 1963 sont aussi caractérisées par une technique particulière, avec une sorte de granularité et des taches sombres, comme des taches d’oxydation, et des coulures qui évoquent le dripping de Jackson Pollock.
1969
Sidney Janis Gallery, New York
1972
Rétrospective, FNAC, Paris
1973-1974
CNAC, Paris
1974
Galerie Arts-Contacts
1987
Fondation Maeght
1990
Fundación Caja de pensiones, Madrid
2021-2022
Domenico Gnoli, Fondazione Prada, Milan
2025
Domenico Gnoli, Galerie Claude Bernard, Paris

